Ruée vers les ressources
Synthèse
Dans un monde de plus en plus fragmenté par les conflits géopolitiques, les crises commerciales et le changement climatique, la maîtrise des ressources et la sécurité énergétique deviennent une priorité absolue pour les gouvernements. Malgré sa résilience, l’économie mondiale reste exposée à des chocs d’offre et à une inflation persistante, amplifiée à court terme par la demande de matériaux nécessaires à l’essor de l’intelligence artificielle. A plus long terme, l’adoption de l’IA devrait stimuler la productivité, notamment aux Etats-Unis, en Europe et sur les marchés émergents d’Asie. Dans cet environnement dominé par des facteurs macroéconomiques, la gestion de portefeuille à long terme doit s’adapter en privilégiant la diversification, les actifs réels, les actions, les placements alternatifs et les obligations de qualité émises sur le marché national.
La fragmentation du monde accélère la quête d’autonomie
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Course à la souveraineté dans un monde fragmenté
Les tensions géopolitiques et les crises commerciales font de la souveraineté dans le domaine des ressources essentielles un enjeu vital pour les Etats, ce qui expose l’économie mondiale à des chocs d’offre plus fréquents et à une plus grande volatilité des prix.
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Double impact économique de l’intelligence artificielle
La demande à court terme de matériaux nécessaires au déploiement de l'intelligence artificielle accentue les pressions inflationnistes, mais son adoption généralisée devrait améliorer la productivité à long terme dans toutes les régions.
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Nécessité d’adaptation stratégique du portefeuille
Un environnement macroéconomique incertain exige une stratégie de gestion pointue avec des portefeuilles plus diversifiés, axés sur les actifs réels, les actions, les placements alternatifs et des obligations de qualité.
Une économie mondiale résiliente, mais vulnérable
Malgré sa résilience, l’économie mondiale reste exposée à des chocs d’offre de plus en plus fréquents. Cet environnement incertain pourrait entraîner une plus grande volatilité des prix, amplifiée à court terme par la «techflation» liée à la demande de matériaux nécessaires à l’essor de l’IA. Forts de leurs atouts en matière de ressources et d’infrastructures, les marchés émergents s’adaptent.
C’est dans ce contexte particulier de course à la souveraineté et à la sécurité que nous vous présentons nos perspectives macroéconomiques.
La guerre commerciale de 2025, suivie du conflit entre les États-Unis et l’Iran, a accéléré la fragmentation des marchés dans tous les secteurs: commerce, sécurité, matières premières et capitaux. Le risque accru de chocs d’offre qui en découle à l’échelle mondiale devrait maintenir les primes de risque à des niveaux élevés, en particulier sur les marchés de l’énergie.
Ce monde fragmenté exige des portefeuilles diversifiés et axés sur les actifs réels, avec une plus grande part d’actions et de placements alternatifs ainsi qu’une préférence pour les obligations de qualité émises sur le marché national.
L’IA, une nouvelle force macroéconomique et géopolitique
Désormais au centre des enjeux politiques et géopolitiques, l’IA est soutenue par des investissements massifs qui révolutionnent les bilans des entreprises, dopent les marges bénéficiaires et stimulent l’effet de richesse chez les consommateurs. Mais elle fragilise également le marché du travail et creuse les inégalités de revenus, déclenchant des réactions sociales et politiques qui posent aux gouvernements le vaste défi de la réglementation.
L’IA est aussi un puissant moteur de productivité, ce qui nous incite à relever légèrement nos prévisions de croissance afin de refléter l’impact de son adoption. Même si les États-Unis sont les mieux placés pour bénéficier des gains de productivité liés à l’IA, l’Europe et les marchés émergents d’Asie sont en train de rattraper leur retard. À plus long terme, l’IA devrait générer des effets globalement désinflationnistes.
L’inflation devrait rester volatile et persistante, avec des niveaux en moyenne supérieurs à ceux des dernières décennies, sous l’effet notamment des prix des matières premières et de la «techflation» à court terme. À plus long terme, des facteurs tels que l’évolution démographique ou la décarbonation pourraient déclencher des poussées inflationnistes.
Source: Pictet Wealth Management, LSEG; données au 30.06.2026
Stabilité monétaire, fragilité budgétaire
Dans ce contexte, les banques centrales s’attacheront à préserver leur indépendance pour ancrer durablement les anticipations d’inflation. Les taux directeurs ont convergé vers nos estimations de taux neutre dans la plupart des régions (3,375% aux États-Unis et 2,25% dans la zone euro), offrant davantage de flexibilité aux banques centrales pour assouplir leur politique monétaire lors de la prochaine phase de ralentissement.
Les déséquilibres budgétaires restent préoccupants. La hausse des rendements obligataires expose au grand jour les faiblesses du secteur public, dont la marge de manœuvre budgétaire est réduite par des décennies de dette accumulée. Une crise systémique de la dette souveraine ne nous semble toutefois pas à craindre pour l’instant, ni aux États-Unis ni en Europe.
La relance européenne s’essouffle, mais garde le cap: particulièrement secouée par la crise énergétique actuelle, l’Europe devrait néanmoins combler son retard de croissance grâce à des programmes d’investissement publics et privés pluriannuels dans la défense, les infrastructures et l’énergie. Un renforcement de l’intégration financière et budgétaire au sein de la zone euro demeure la voie à suivre.
La Chine et les marchés émergents se situent à un tournant. Les marchés émergents s’adaptent rapidement à un monde plus fragmenté et profitent des opportunités créées par l’accent mis sur l’IA, l’énergie et la sécurité d’approvisionnement. La Chine s’oriente vers un modèle de croissance à long terme plus modéré mais plus stable, axé sur ses priorités stratégiques.
Face à un monde de plus en plus fragmenté, la souveraineté dans le domaine des ressources est désormais un enjeu vital.
Le groupe des BRICS+, emmené par la Chine, a montré sa capacité à dynamiser les perspectives de croissance de certains de ses membres. Si ce groupe des BRICS+ parvient à tirer pleinement parti des ressources et de l’influence dont il dispose, ces effets positifs pourraient s’étendre à d’autres pays en développement. L’environnement de marché est actuellement dominé par des facteurs géopolitiques et macroéconomiques. Cette tendance devrait perdurer dans les années à venir, ce qui modifie l’évaluation des risques et contraint la gestion de portefeuille à s’adapter.
Une allocation moins mondiale et plus nationale
Ce nouveau monde fragmenté change la donne en matière d’investissement: il exige des portefeuilles diversifiés et axés sur les actifs réels, avec une plus grande part d’actions et de placements alternatifs ainsi qu’une préférence pour les obligations de qualité émises sur le marché national.
*Topographies of Fragility
Genèse de la série
Ma série «Topographies of Fragility» est le fruit d’une quête constante de sites naturels propices à la contemplation, au silence et à l’ancrage émotionnel, qui semblent préservés de toute présence humaine. Au fil des ans, j’ai pu prendre conscience du contraste entre l’impression d’immuabilité et la profonde vulnérabilité de ces territoires.
Un jour, alors que je rangeais mon atelier, je me suis mise à froisser les tirages de paysages que je jugeais ratés. Ce geste, d’abord inconscient, m’est apparu peu à peu comme l’expression de notre rapport à la nature, trop souvent réduite à un objet de consommation.
Imprimées sur du papier issu des arbres, mes photographies matérialisent un lien direct entre matière, image et environnement. En modifiant leur forme, je transforme symboliquement le paysage, avec le désir de questionner l’impact de nos actions. Nous façonnons la nature et la nature nous façonne en retour.
Photographies
L’artiste argentine Ingrid Weyland explore, par la photographie et son intervention sur la matière photographique, la fragilité de la relation entre l’homme et la nature.
Née dans une famille de sculpteurs et d’architectes, elle a développé très tôt une sensibilité pour les formes, les espaces et les textures, qui influence encore aujourd’hui sa pratique. Ses œuvres photographiques, inspirées d’immersions dans des paysages reculés, sont retravaillées, afin d’ouvrir la réflexion sur la mémoire des lieux, la fragilité du vivant et l’empreinte durable de l’action humaine.
Ingrid Weyland expose dans le monde entier. Son travail, publié et primé, lui a valu plusieurs distinctions, dont le Saatchi Art for Change Prize (Americas Winner), l’Ashurst Emerging Artist Photography Prize et l’Aesthetica Art Prize. L’artiste a aussi participé au Prix Pictet et figuré parmi les finalistes du concours Hasselblad Masters 2026.