Jusqu’où l’IA peut-elle repousser les limites?

L’IA , une promesse de productivité

L’intelligence artificielle (AI) s’est installée dans notre quotidien. La rapidité de sa progression soulève d’importantes questions concernant ses répercussions économiques, comme lors des précédentes vagues d’innovations technologiques.
©Ingrid Weyland, Topographies of Fragility XXI, 2020

Sur le plan macroéconomique, l’IA recèle autant de promesses que de défis.

Elle peut stimuler la croissance en améliorant la productivité totale des facteurs et en repoussant les limites de la production, mais aussi alimenter les craintes quant à des suppressions d’emplois et à une répartition inégale des gains entre travailleurs, entreprises et pays.

Son intégration dans l’économie complique en outre la politique monétaire, notamment par ses effets sur l’inflation, le marché du travail et le taux d’intérêt naturel.

Ce qu’il faut retenir

Jusqu’où l’IA peut-elle repousser les limites?

  • Hausse de la productivité et expansion régionale

    L’IA peut améliorer la productivité totale des facteurs en repoussant les limites de la production; mais il faudra du temps pour que les gains se concrétisent en raison des délais de mise en œuvre, avec une croissance attendue plus élevée aux Etats-Unis que dans la zone euro et au Royaume-Uni.

  • Dépenses d’investissement et contraintes énergétiques

    Les investissements massifs dans les infrastructures numériques et le matériel informatique renforcent l’intensité capitalistique et pourraient ainsi amortir le choc démographique, mais cette évolution se heurte à de sérieuses contraintes matérielles en termes de production d’électricité, de capacités de réseau et de disponibilité des ressources de calcul.

  • Marché du travail et rééquilibrage au niveau des tâches

    L’impact sur le marché du travail se manifeste principalement par des ajustements au niveau des tâches et une baisse de la demande de recrutement pour les postes de début de carrière ou très routiniers. Mais ces pertes sont compensées par la création d’emplois dans les métiers analytiques, techniques et créatifs.

  • Dynamique de l’inflation à long terme

    Les dépenses d’investissement massives dans les infrastructures de données exercent des pressions temporaires sur les prix de l’énergie et des matériaux techniques essentiels, tandis que les gains de productivité à long terme et la baisse des coûts unitaires de main-d’œuvre dans les services devraient générer des effets désinflationnistes au fil du temps.

Dans cet article, nous examinons les incidences macroéconomiques de l’IA sous quatre angles – productivité, dépenses d’investissement, marché du travail et inflation – avant d’analyser ses implications pour la politique monétaire. Notre scénario central anticipe d’abord un effet inflationniste, puis un gain de productivité progressif et une détente des prix à moyen terme. Le processus sera long, c’est pourquoi nous restons prudents dans nos prévisions.

Productivité

Parmi les multiples effets de l’IA sur l’économie, le plus notable tient à la dynamisation de la croissance à long terme grâce à des gains de productivité – dont l’ampleur et le calendrier demeurent toutefois incertains. L’IA pourrait aussi accélérer l’intensification capitalistique en favorisant l’investissement dans les infrastructures numériques et, ainsi, compenser en partie le poids du vieillissement démographique.

Notre scénario central anticipe d’abord un effet inflationniste, puis un gain de productivité progressif et une détente des prix à moyen terme.

Au cœur de ce mécanisme: l’impact de l’IA sur la productivité totale des facteurs. En améliorant les prises de décision, l’allocation des ressources et l’automatisation de tâches aussi bien routinières que complexes, l’IA repousse les limites de la production. Cette dynamique pourrait s’amplifier avec l’automatisation croissante des processus d’innovation et de production. L’histoire des technologies à usage général (électricité, informatique, etc.) nous enseigne cependant que ces gains ne seront pas immédiats: délais de mise en œuvre, ajustements organisationnels et coûts d’apprentissage en retarderont la concrétisation. Le soutien de la croissance tendancielle dépend d’une adoption large et durable de l’IA.

Pour les États-Unis, nous relevons de 0,4 point de pourcentage (pp) nos prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel pour la prochaine décennie. La hausse de productivité devrait, en effet, compenser la réduction de l’offre de main-d’œuvre. Pour la zone euro, l’ajustement devrait être plus modeste: le taux d’adoption de l’IA y est près de deux fois inférieur (selon de nombreuses enquêtes auprès des entreprises) et la part d’emplois fortement exposés à l’IA plus restreinte. De plus, la fragmentation du marché unique numérique freine la diffusion de la technologie. Quant au Royaume-Uni, davantage tourné vers les services et prompt à intégrer l’IA dans la finance et le secteur des professions libérales, il se situe dans l’entre-deux.

Capital et démographie

L’IA renforce par ailleurs l’intensité capitalistique et transforme, ce faisant, la structure de la production. Les entreprises investissent massivement dans le matériel informatique, les infrastructures de données et les logiciels. S’il accroît la production par travailleur, cet afflux de capital bouscule aussi l’équilibre capital-travail. À lui seul, l’investissement dans l’IA ne devrait guère profiter à l’emploi. Les dépenses sont principalement liées aux équipements (puces, refroidissement, alimentation électrique) et l’exploitation des centres de données nécessite relativement peu de main-d’œuvre.

L’IA pourrait toutefois amortir le choc démographique, notamment dans les économies avancées, où le vieillissement érode la main-d’œuvre disponible et la croissance potentielle. Par l’automatisation des tâches ou l’augmentation des capacités humaines, elle aide à préserver la production dans des secteurs particulièrement exposés au recul de la population active – santé, industrie manufacturière, logistique et soins aux personnes âgées. Les données empiriques révèlent d’ailleurs un lien étroit entre vieillissement et robotisation, surtout au Japon, en Allemagne et en Corée du Sud.

Marché du travail

L’IA est souvent perçue comme une menace pour l’emploi. La réalité s’avère pourtant plus nuancée: l’IA transforme davantage les tâches qu’elle ne détruit massivement des postes. Plusieurs études font état de changements limités et ciblés dans les pratiques de recrutement des métiers les plus exposés, loin d’un bouleversement généralisé. Les débouchés se réduisent ainsi pour les jeunes ou pour les nouveaux venus sur le marché du travail qui occupent des postes très exposés à l’IA ou axés sur des tâches cognitives routinières. Ces pertes sont en partie compensées, grâce à des gains de productivité, par la création d’emplois dans d’autres segments, notamment les métiers analytiques, techniques et créatifs. Pour l’heure, l’IA freine les recrutements plus qu’elle ne provoque de licenciements à grande échelle. Une étude1 révèle un recul de 13% des offres pour les postes routiniers et automatisables, contre une hausse de 20% pour les fonctions analytiques, techniques et créatives, depuis le lancement de ChatGPT.

Rien ne permet encore d’affirmer que l’IA modifie en profondeur la participation au marché du travail ou la volonté de travailler. L’IA pourrait stimuler l’offre de main-d’œuvre en diminuant le temps absorbé par les tâches domestiques (au profit de l’activité professionnelle), en optimisant la recherche d’emploi pour une meilleure adéquation entre offres et candidats ou en facilitant l’acquisition de compétences au moyen d’outils d’accompagnement. Mais des loisirs rendus plus attrayants ou une insécurité de l’emploi accrue pourraient produire l’effet inverse. Aujourd’hui, l’impact est surtout visible chez les jeunes: en ralentissant leurs parcours de formation, l’IA risque indirectement de réduire les points d’entrée traditionnels sur le marché du travail et les possibilités de formation en emploi.

  • 3%
    Part de la demande d'électricité émanant des centres de données aux Etats-Unis
  • 8%
    Projection pour 2030

Source: Pictet Wealth Management, Department of Energy (DOE), US Energy Information Administration (EIA), Agence internationale de l’énergie (AIE); données au 26.02.2026

Inflation et dynamique des prix

L’IA agit sur l’inflation par plusieurs canaux, parfois en sens opposé. Aux États-Unis, les dépenses d’investissement consacrées à cette technologie exercent déjà de fortes pressions sur les prix de l’électricité, des puces mémoire, des transformateurs et des matériaux de construction, essentiels au déploiement des centres de données. Mobilisant peu de main-d’œuvre, ils ne génèrent en revanche pas de pressions sur les salaires. Nous estimons que l’IA contribue aujourd’hui pour près de 0,3 pp à l’inflation de base des dépenses de consommation des ménages. À plus long terme, les effets au niveau de l’offre – hausse des capacités et baisse des coûts unitaires de main-d’œuvre – devraient favoriser une désinflation.

Techflation

Taux annualisé sur six mois (%)

Source: Pictet Wealth Management, BEA; données au 28.05.2026

Cet impact désinflationniste devrait être particulièrement marqué dans les services – la composante la plus persistante de l’inflation – où les gains de productivité favorisés par l’IA sont potentiellement élevés, de nombreuses activités du tertiaire faisant appel à des tâches cognitives. Des études réalisées auprès des entreprises, dont certaines synthétisées par le FMI, relèvent de nettes économies dans la finance, la santé et le service à la clientèle. Les effets sur la concurrence restent en revanche plus ambigus: d’un côté, l’IA accroît la transparence des prix et réduit les coûts de recherche, comprimant les marges; de l’autre, elle consolide la position de quelques acteurs dominants, mieux dotés en données et en puissance de calcul, dont le pouvoir de fixation des prix se renforce. Dans ce contexte, les économies de coûts ne sont pas forcément répercutées en totalité au bénéfice des consommateurs.

Contraintes liées à l’électricité, à l’énergie et aux ressources de calcul

Le déploiement des infrastructures nécessaires à l’IA devient une contrainte macroéconomique majeure. Il se heurte à trois freins interdépendants: la demande d’électricité, la production d’énergie et la disponibilité des ressources de calcul. Ces paramètres, qui devraient se traduire par (i) une inflation plus forte à court terme que ne le suggérerait un scénario fondé uniquement sur une hausse de la productivité, (ii) d’importantes retombées pour les énergéticiens, le «midstream» gazier, le nucléaire et les fabricants d’équipements de réseau, (iii) un décalage avec les politiques de décarbonation, et (iv) une influence croissante de la disponibilité énergétique sur le choix de l’emplacement des capacités d’IA, pourraient redessiner la carte des gains de productivité.

Aux Etats-Unis, les dépenses d’investissement consacrées à l’IA font grimper les prix de l’électricité, des puces mémoire, des transformateurs et des matériaux de construction.

IA: aubaine ou malédiction?

Aux Etats-Unis, le «miracle» de productivité attribué à l’IA dope les marges des entreprises, mais ébranle le marché du travail et inquiète les ménages: de nouveaux outils permettent aux entreprises d’automatiser leurs processus et de gagner en efficacité dans les professions intellectuelles, sans recruter. Dans le même temps, la part de la richesse produite qui revient aux salariés sous forme de rémunération diminue à mesure que l’IA se diffuse.

Des gains de productivité qui rebattent les cartes pour l’emploi et certains secteurs

Etats-Unis: pourcentage de la production économique revenant aux salariés sous forme de rémunération

53.7 Pourcentage

carte de crédit

Transforme les échanges commerciaux et accélère les transactions

1950

conteneur maritime standardisé

Révolutionne le commerce international et la logistique

1956

distributeur automatique de billets (DAB/bancomat)

Automatise les services bancaires et décentralise la distribution d’espèces

1967

téléphonie mobile

Réinvente la communication

1973–1980

tableur électronique

Automatise les calculs financiers

1979

ordinateur personnel (pc)

Démocratise l’informatique et ouvre la voie à l’ère du numérique

1980s

Microsoft windows

Généralise les interfaces graphiques (fenêtres, icônes, menus…)

1985

world wide web

Rend Internet accessible au plus grand nombre

1991

Wifi (Internet sans fil)

Permet une connexion sans fil aux réseaux

1997

Software as a Service (SaaS)

Permet l’accès aux logiciels d’entreprise à partir d’un navigateur

1999

Infrastructure cloud

Transforme le stockage et la consultation de données

2000s

Smartphone

Associe informatique et communication mobile

2000s

Essor de l’IA

Bouleverse l’activité économique et le quotidien

2010

Plateformes collaboratives en entreprise

Fluidifient la communication en équipe

2013

Technologies du travail à distance

Généralisent le télétravail et la collaboration virtuelle

2020

IA générative

Favorise l’automatisation, la créativité et la productivité

2022

IA agentique

Transforme les processus de travail grâce à des agents autonomes

2025–aujourd'hui

De fait, aux États-Unis, les obstacles à la construction de centres de données – résistances sociales, contraintes réglementaires et manque de ressources – surgissent alors que la demande s’accélère, sous l’effet de l’adoption de l’IA par les entreprises et l’émergence des plateformes d'agents IA. Ce déséquilibre entre l'offre et la demande se traduit par une hausse du coût par «token», qui est l'unité de base des données traitées par un modèle d'IA.

Politique monétaire

L’IA pose quatre défis sur le plan de la politique monétaire.

Le premier: la mesure. L’amélioration de la qualité des produits, de la personnalisation et des services numériques favorisée par l’IA n’est pas correctement prise en compte dans l’indice des prix à la consommation (IPC) et le PIB. Comme le souligne le FMI (2024), la production réelle pourrait être sous-estimée et l’inflation surestimée de 10 à 30 points de base (pb) par an, ce qui complique la mesure de l’écart de production et du taux d’intérêt naturel2.

Le deuxième: le taux d’intérêt naturel. Sa trajectoire fait débat au sein de la Réserve fédérale américaine. Pour son ancien président, Jerome Powell, l’IA devrait, à court terme, pousser le taux d’intérêt naturel à la hausse: la demande – déploiement massif des infrastructures requises – devance les gains de productivité, et les effets désinflationnistes demeurent théoriques à ce stade. Le président actuel, Kevin Warsh, estime à l’inverse que la productivité renforcée par l’IA pourrait soutenir la croissance sans attiser l’inflation, ouvrant la voie à des baisses de taux. Selon notre scénario central, plus proche de la lecture de Jerome Powell, la progression du taux d’intérêt naturel devrait être modeste (quelque 25 pb) au cours de la prochaine décennie, surtout au début, l’investissement précédant les gains de productivité. Les contrepoids – concentration des profits, creusement des inégalités et hausse de l’épargne de précaution – ne devraient pas dominer à un horizon à dix ans. Nous tablons donc sur un taux terminal des Fed funds supérieur à celui des cycles antérieurs à 2020.

Le troisième: la courbe de Phillips. La tarification algorithmique, la transparence accrue des prix et la substitution du capital au travail dans les services pourraient encore aplatir la courbe de Phillips (Banque des règlements internationaux, 2025): l’inflation réagirait moins aux mesures traditionnelles de réduction de la production qu’aux chocs d’offre (énergie, semi-conducteurs, transformateurs, etc.). Ce basculement accroît l’incertitude des prévisions et renforce l’intérêt des indicateurs d’inflation structurels plutôt que purement cycliques.

Et le quatrième: le mécanisme de transmission. Les entreprises à forte intensité d’IA s’appuient surtout sur le capital immatériel, l’autofinancement et l’émission d’actions, au détriment du crédit bancaire. Ce modèle affaiblit le canal des taux d’intérêt (les hyperscalers continuent d’investir malgré les cycles de resserrement) au profit du coût des fonds propres et des conditions financières. Les banques centrales devront donc suivre de plus près les valorisations boursières et les écarts de taux, qui sont désormais des indicateurs indirects de la transmission monétaire, et composer avec des variations de taux aux effets asymétriques entre les secteurs à forte intensité de capital et ceux à forte intensité de main-d’œuvre.

Les études récentes livrent des estimations très hétérogènes:
ÉtudePérimètreProductivitéHorizon
Acemoglu (2025)Etats-Unis, scénario prudentCroissance de la productivité totale des facteurs: +0,07 pp par an10 ans
Filippucci et al., OCDE (2025)Etats-Unis, Royaume-UniProductivité de la main-d’œuvre: de +0,4  à +1,3 pp par an10 ans
Filippucci et al., OCDE (2025)Japon, ItalieProductivité de la main-d’œuvre: de +0,2  à +0,8 pp par an10 ans
Briggs & Kodnani, GS (2023)Marchés developpésProductivité de la main-d’œuvre: +1,5 pp par an (pic)10 ans
McKinsey (2023)MondeCroissance du PIB: de +0,1 à +0,6 pp par an10 ans
FMI (2024)Marchés developpésFourchette large, selon la complémentarité entre l’IA et la main-d’œuvre10 ans
Notre scénario centralEtats-Unis +0,5pp 10 ans
 Zone euro +0,1-0,3pp 
 Royaume-Uni+0,2-0,3pp 

Conclusion

L’intelligence artificielle s’annonce comme l’une des forces macroéconomiques majeures des prochaines décennies. Ni uniformes ni immédiats, ses effets se manifesteront progressivement par de multiples canaux.

Notre scénario central repose sur l’hypothèse d’une hausse graduelle de la productivité et d’une pression désinflationniste (surtout dans le secteur des services), qui s’accompagneront à court terme de pressions sur les prix de l’électricité, des semi-conducteurs de pointe et des matériaux de construction, induites par les dépenses d’investissement. Toutefois, le processus sera long: les gains mesurables au niveau de la productivité totale des facteurs n’apparaissent généralement que cinq à dix ans après la phase de déploiement, le temps que les entreprises absorbent les coûts de mise en œuvre, adaptent leur organisation et acquièrent les compétences requises.

Nos prévisions macroéconomiques restent donc prudentes: pour les dix prochaines années, nous anticipons un accroissement annuel de la productivité de 0,5 pp aux États-Unis, contre 0,1 à 0,3 pp en Europe et au Japon. Ce scénario pourrait évoluer dans les deux sens, bien qu’une hausse semble plus vraisemblable.

L’impact macroéconomique de l’IA dépendra en définitive autant du rythme du progrès technologique que de la capacité d’adaptation des économies, des institutions et des infrastructures, comme l’ont montré les grandes innovations précédentes.

¹ Harvard Business School, «Enhance or Eliminate? How AI Will Likely Change These Jobs», février 2026
2 Le taux d’intérêt naturel est le taux d’intérêt réel à court terme qui ne stimule ni ne freine la croissance économique. Il représente le taux d’équilibre qui place une économie sur une trajectoire de plein emploi et d’inflation stable.

Références:

  • Acemoglu, D. (2025). «The simple macroeconomics of AI.» Economic Policy, vol. 40, n° 121, janvier 2025, pp. 13-58. 
  • Aghion, P., Jones, B. F., et Jones, C. I. (2017). Artificial intelligence and economic growth (n° w23928). National Bureau of Economic Research.
  • Aghion, P., et Bunel, S. (2024). AI and growth: Where do we stand? Note d’orientation.
  • Banque des règlements internationaux (2025). Digitalisation and Inflation Dynamics. BIS Bulletin.
  • Briggs, J. et Kodnani, D. (2023). «The Potentially Large Effects of Artificial Intelligence on Economic Growth.» Goldman Sachs Economics Research, 26 mars 2023.
  • Chui, M., Hazan, E., Roberts, R., Singla, A., Smaje, K., Sukharevsky, A., Yee, L. et Zemmel, R. (2023). The economic potential of generative AI: The next productivity frontier. McKinsey & Company, juin 2023.
  • Filippucci, F., Gal, P., Laengle, K. et Schief, M. (2025). «Macroeconomic productivity gains from Artificial Intelligence in G7 economies.» OECD Artificial Intelligence Papers Series, n° 41, juin 2025.
  • Fonds monétaire international (FMI) (2024). «GenAI: Artificial Intelligence and the Future of Work». IMF Staff Discussion Note.
  • McKinsey & Company (2023). The economic potential of generative AI: The next productivity frontier.
A titre indicatif seulement. Il n’existe aucune garantie que les valeurs correspondant aux projections ou prévisions présentées ici soient effectivement atteintes.

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*Topographies of Fragility

Genèse de la série

Ma série «Topographies of Fragility» est le fruit d’une quête constante de sites naturels propices à la contemplation, au silence et à l’ancrage émotionnel, qui semblent préservés de toute présence humaine. Au fil des ans, j’ai pu prendre conscience du contraste entre l’impression d’immuabilité et la profonde vulnérabilité de ces territoires.

Un jour, alors que je rangeais mon atelier, je me suis mise à froisser les tirages de paysages que je jugeais ratés. Ce geste, d’abord inconscient, m’est apparu peu à peu comme l’expression de notre rapport à la nature, trop souvent réduite à un objet de consommation.

Imprimées sur du papier issu des arbres, mes photographies matérialisent un lien direct entre matière, image et environnement. En modifiant leur forme, je transforme symboliquement le paysage, avec le désir de questionner l’impact de nos actions. Nous façonnons la nature et la nature nous façonne en retour.

Photographies

L’artiste argentine Ingrid Weyland explore, par la photographie et son intervention sur la matière photographique, la fragilité de la relation entre l’homme et la nature.

Née dans une famille de sculpteurs et d’architectes, elle a développé très tôt une sensibilité pour les formes, les espaces et les textures, qui influence encore aujourd’hui sa pratique. Ses œuvres photographiques, inspirées d’immersions dans des paysages reculés, sont retravaillées, afin d’ouvrir la réflexion sur la mémoire des lieux, la fragilité du vivant et l’empreinte durable de l’action humaine.

Ingrid Weyland expose dans le monde entier. Son travail, publié et primé, lui a valu plusieurs distinctions, dont le Saatchi Art for Change Prize (Americas Winner), l’Ashurst Emerging Artist Photography Prize et l’Aesthetica Art Prize. L’artiste a aussi participé au Prix Pictet et figuré parmi les finalistes du concours Hasselblad Masters 2026.

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