Greg Casares

L’art à fleur de peau

Installé dans un salon de tatouage stérile, où flotte une odeur d’encre et d’antiseptique, Greg tient fermement sa machine pour tatouer avec précision une créature médiévale sur le mollet de son client.Le bourdonnement régulier de la machine est entrecoupé de gémissements d’inconfort étouffés, preuve du caractère indélébile de l’œuvre en train de se dessiner sur la peau. Mais que fait donc ici Greg Casares, chargé de l’audiovisuel à la Communication Groupe?

Fasciné par l’art depuis l’enfance, Greg s’est tout naturellement dirigé vers l’Ecole cantonale d’art de Lausanne, où il s’est plongé dans des études de cinéma, s’imprégnant avec un appétit insatiable des œuvres de Tim Burton, Wes Anderson ou David Lynch. Après une courte période en tant qu’indépendant, où il a réalisé des films d’animation pour la télévision, Greg a rejoint l’équipe audiovisuelle de Pictet («juste un an ou deux pour me refaire une santé financière», dit-il avec un sourire), avec pour consigne «d’apporter une touche artistique aux vidéos institutionnelles de la Banque». C’était il y a… six ans.

Dès le début, Greg a choisi de travailler à 80%, pour avoir le temps de s’adonner à ses multiples envies créatives. Les arts médiévaux et occultes peuplent depuis longtemps son imaginaire. Des frères Grimm à Hans Christian Andersen, ces fables «macabres» ont façonné sa vision du monde et son art est imprégné d’un mysticisme plutôt sombre. Ses croquis, faits de traits uniques particulièrement fins, dans le style des gravures médiévales, s’inspirent du travail de Gustave Doré ou d’Albrecht Dürer.

Greg s’est d’ailleurs mis à publier régulièrement ses dessins sur Instagram. Encouragé par ses fervents, et nombreux, abonnés, ce qu’il n’avait pas forcément anticipé, il a commencé à vendre ses croquis originaux et à faire des tirages uniques. De temps en temps, on lui demandait des œuvres personnalisées avec des caractéristiques très particulières et inhabituelles, que seul le demandeur comprenait sans doute parfaitement. C’est à ce moment-là qu’il a découvert un monde parallèle, alliant encre et talent artistique: la création de tatouages.

En 2020, en pleine pandémie, il a profité de l’occasion pour s’essayer au tatouage. «Sans trop réfléchir, j’ai acheté deux machines à des prix abordables sur Internet, et je me suis lancé», se souvient-il avec le sourire. Il s’est plongé dans des tutoriels en ligne, puis il a consacré tout son temps libre à s’entraîner sur des peaux artificielles. «Cela dit, au bout d’un moment, il faut bien essayer sur une vraie peau, non?!», plaisante-t-il. Ses avant-bras portent d’ailleurs les marques de ses premiers essais. «On était en plein confinement. Quel meilleur moyen de comprendre la douleur qu’en servant moi-même de cobaye?» 

Tatouer, selon Greg, c’est un peu comme passer du croquis au crayon au dessin au stylo pour l’artiste; c’est un changement de technique qui demande une excellente maîtrise. Le stress lié à la permanence du tatouage accompagne chaque passage de l’aiguille, rappelant qu’on est bien loin du dessin fait à la va-vite.» C’est ta dernière occasion de choisir. Une fois que je commence, on ne revient plus en arrière», rappelle Greg à son client avant d’allumer la machine.

Mais avec les nouveaux clients qui le sollicitent, c’est un autre niveau d’intimité et de pression qui s’installe. C’est une chose de se tatouer soi-même, ou bien ses amis ou sa famille. Mais avec quelqu’un qu’on vient juste de rencontrer, les barrières sociales tombent plus difficilement, et les attentes sont bien plus fortes. Chaque séance de tatouage est un nouveau défi.

Greg estime que la douleur est un «rite de passage», qui témoigne de la détermination à porter son histoire à même la peau toute sa vie. «C’est le principal indicateur dans ce métier.» C’est ce qui lui permet de mesurer la profondeur de son aiguille et la réussite de l’acte.» Si on ne va pas assez loin, ça ne fera pas mal, mais ça ne restera pas», explique-t-il. Greg évite d’utiliser des couleurs dans ses tatouages. «Comme pour mes vêtements, tout est noir», dit-il, même si d’autres raisons expliquent son choix. Les encres de couleur sont en effet plus risquées en termes de réactions cutanées, de maladies et de cancers. Le résultat final d’un tatouage coloré peut aussi varier considérablement en fonction de la carnation de la peau.

On était en plein confinement. Quel meilleur moyen de comprendre la douleur qu’en servant moi-même de cobaye?

Malgré le succès de son activité de tatoueur, Greg reste prudent, et tente de concilier ses passions et son côté plus terre-à-terre. La perspective de faire du tatouage une activité à plein temps déclenche chez lui des doutes. Est-ce que le fait de faire de son art son métier l’éloignerait du plaisir? Il se demande si la pression financière ne risquerait pas d’éteindre la flamme créative qui est au cœur de sa passion. Et le fait est aussi qu’il adore son travail chez Pictet. «Je dispose d’une liberté créative que je n’aurais jamais pensé avoir dans un milieu institutionnel. J’apprécie mes collègues, je fais de nouvelles rencontres et j’ai beaucoup plus d’opportunités que ce que j’espérais sur le plan artistique.»

Alors que Greg continue de diffuser son art sur différents supports, son parcours est une ode à l’exploration créative. Qu’il s’agisse de saisir des moments sur la pellicule ou de dessiner une histoire sur du papier ou sur la peau, sa démarche prend diverses formes artistiques, naturellement et a priori sans direction préétablie, et en tout cas, sans finalité.

Quand il n’est pas en train de dessiner ou de tatouer, Greg est chargé de l’audiovisuel à la Communication Groupe. Suivez-le sur Instagram (@gregcasares) pour admirer ses œuvres personnelles.

Vous pouvez aussi regarder les films corporate dont Greg est le plus fier:

 

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