Michael Wachtendonk

Pour la plupart d’entre nous, la course à pied, le vélo et la natation sont des sports de loisir, et on pratique l’un ou l’autre. Mais Michael est différent: il aime pratiquer ces trois disciplines en même temps. Depuis plusieurs années, il participe en effet à des triathlons Ironman et ça lui plaît tellement qu’il l’a déjà fait à 23 reprises.
C’est un sentiment qui ne s’achète pas!
— Michael, triathlète de l’extrême

Passionné de natation depuis l’âge de 6 ans, Michael a joué au football et au ping-pong dans sa jeunesse, comme beaucoup d’enfants, avant de se mettre au  vélo et à la course à pied. A 16 ans, il s’est inscrit à son premier triathlon, sur un vélo emprunté à un ami, et a décroché la troisième place. «Je me suis dit que j’avais du potentiel dans cette discipline.» Il a ensuite passé un an dans l’armée, où il s’est mis à courir plus longtemps, plus loin et plus vite. Inspiré par une génération d’athlètes allemands au sommet des courses Ironman dans les années 1990, il a commencé à vouloir se lancer un plus grand défi.

Eté 2002: il est 2 heures du matin à Francfort et Michael n’arrive pas à dormir. Au lever du soleil, il devra nager 3,8 km, faire 180 km à vélo et courir un marathon complet de 42,2 km pour son premier triathlon Ironman. «Le problème, c’est qu’on ne peut pas s’entraîner en conditions réelles. On ne fait jamais la totale jusqu’au jour J. Je ne savais donc pas du tout si j’irais jusqu’au bout.»

Les triathlons Ironman sont considérés comme l’une des courses d’endurance sur une seule journée les plus difficiles au monde. Les athlètes doivent terminer l’épreuve de natation, la course de vélo et le marathon en moins de 17 heures pour intégrer le cercle fermé des «Ironmen».

Cette première compétition s’est avérée précieuse pour Michael, qui a dû apprendre à trouver son rythme, à boire suffisamment et à faire preuve d’humilité. Après avoir tout donné et réalisé de bonnes performances dans l’eau et à vélo, il a eu des crampes à 16 km de la ligne d’arrivée du marathon, ce qui l’a forcé à trottiner pendant deux heures interminables. Il a raté d’environ 30 minutes son objectif de boucler la course en moins de 10 heures. Pour autant, franchir la ligne d’arrivée a été pour lui «le meilleur moment d’euphorie de [sa] vie». «D’un seul coup, c’est comme si le travail et le quotidien étaient devenus insignifiants par rapport à ce que je venais de vivre. Et ça m’a donné confiance en moi.» Il était donc résolu à retenter l’aventure.

Michael a alors passé les deux années suivantes à s’entraîner, avant de courir l’Ironman de Francfort. Mais en réalité, il avait déjà les yeux rivés sur le championnat du monde Ironman à Kona (Hawaï): le triathlon suprême, le plus difficile et le plus emblématique. «Il ne suffit pas de payer les frais d’inscription, il faut se qualifier.» Et pour ce faire, il devait terminer dans les cinq premiers de sa catégorie d’âge dans n’importe quelle course Ironman qualificative.

Alors en 2004, Michael est retourné à Francfort pour le championnat d’Europe Ironman. En deux ans, ses performances s’étaient améliorées et il s’était entraîné toute une année pour terminer le marathon sans marcher. Il s’était aussi beaucoup documenté sur la nutrition, la gestion de l’effort, la récupération et le renforcement musculaire. «Il faut trouver un équilibre qui fonctionne pour soi, sans aller jusqu’au surentraînement. Ensuite, c’est une question d’expérience.» Le jour J, Michael a appliqué la devise «steady pace, steady race» et a réussi à battre de 65 minutes son temps initial pour terminer à près de 9h30 minutes, décrochant ainsi son ticket d’entrée pour Hawaï en 2004.

L’Ironman d’Hawaï, en plus d’être considéré comme le plus épuisant des triathlons, est aussi le lieu de naissance de cette course mythique, depuis que Judy et John Collins, ont concrétisé leur rêve d’un triathlon continu de 226 km. Pendant le championnat du monde, la petite ville hawaïenne de Kona «devient l’endroit le plus sportif du monde». Or, même les plus affûtés peuvent chuter sous une météo imprévisible, voire caniculaire. «Courir sous 36 degrés est courant là-bas et l’humidité peut être très élevée, avec parfois quelques averses en soirée. Mais le plus difficile, c’est vraiment le vent.»

Pour l’épreuve à vélo de 180 km, il faut monter en côte une voie d’autoroute longiligne surplombant les paysages de lave désolés de l’île, puis faire demi-tour et redescendre au bout de 90 km. Lors de sa première course sur place, Michael a perdu un temps précieux dans la première moitié du parcours, à cause du vent de face. «Je savais que je me rattraperais avec le vent dans le dos au retour». Mauvaise surprise: peu après le demi-tour, le vent a brutalement changé de direction et il s’est retrouvé à lutter de nouveau face au vent. «Je
suis descendu de mon vélo complètement claqué, et j’avais encore un marathon à courir.» Il a fini par franchir la ligne d’arrivée à Kona en 10h42. Puis il est revenu à trois reprises pour tenter d’améliorer son temps (en 2011, 2016 et 2019). A ce jour, il a terminé 23 courses Ironman aux quatre coins du monde. En 2018, Michael a même bouclé l’Ironman de Barcelone en 9h14.

«Au fil du temps, les soucis du quotidien finissent par vous sembler secondaires par rapport au stress physique et émotionnel qu’on vit pendant une course.» S’adapter aux difficultés et apprendre de ses erreurs pendant les entraînements et en compétition a permis à Michael d’être plus résistant face à l’adversité et de gagner en confiance en lui, dans la vie comme au travail. «Ça aide à comprendre ce qu’on est capable de gérer et d’encaisser en situation de stress, comme pendant la crise financière de 2008 ou la pandémie que nous venons de traverser.»

Aujourd’hui, Michael s’efforce de trouver un équilibre entre son travail de Senior Portfolio Manager à temps plein et ses entraînements. «Dans un métier axé sur la clientèle, il faut savoir faire preuve de souplesse, car le planning des réunions et des déplacements va forcément évoluer d’une semaine à l’autre.» Michael range généralement ses affaires de running au bureau pour mettre à profit les pauses déjeuner et il vient également travailler à vélo. «Tout est question de logistique, de constance et de récupération.» Pour lui, les débutants voient rarement l’intérêt de la récupération. «Trop s’entraîner, c’est risquer de se blesser. Parfois, il faut prévoir une course facile, des étirements, ou simplement du repos. Et aussi penser à varier les disciplines.» Même bien préparé, personne n’est pourtant à l’abri des imprévus.

En septembre 2021, Michael s’est cassé le bras et l’épaule après une mauvaise chute à vélo en se rendant au bureau. Mais deux opérations et plusieurs mois de rééducation ne l’ont pas dissuadé de son prochain objectif: retourner à Kona. «Même si je ne peux plus m’entraîner comme quand j’avais 20 ans, je continuerai la compétition aussi longtemps que je le pourrai. Je veux vraiment passer sous la barre des neuf heures!» Soit 3 heures et 35 minutes de moins que le triathlonien Ironman moyen.

Quand il n’est pas en train de nager, de courirou de faire du vélo, Michael est Senior Portfolio Manager chez Pictet Wealth Management à Munich.
 

*Le nombre de places qualificatives peut varier selon les courses Ironman.
 

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