La concurrence internationale pour les talents
La mobilité internationale, un impératif stratégique
Face à l’incertitude ambiante, la mobilité internationale est devenue un véritable enjeu pour les personnes disposant d’un patrimoine très important. Outre la recherche d’un cadre de vie plus agréable, elles recherchent aussi des garanties juridiques solides, la sécurité et une qualité de vie élevée.
En parallèle, cependant, les pays ont durci leurs critères d’accueil, pour attirer à la fois du capital et des compétences. Ce changement complique la donne pour les familles très fortunées qui souhaitent diversifier leur patrimoine à l’étranger, mais aussi pour les conseillers qui les accompagnent.
Le talent, un accélérateur de croissance économique
Pour bon nombre de nations, la mobilité internationale n’a jamais semblé aussi attrayante. En Europe, le manque de main-d’œuvre et le vieillissement démographique alourdissent la charge supportée par la population active et pèsent sur les finances publiques. Or, sans un afflux de travailleurs étrangers qualifiés, la croissance pourrait ralentir, les impôts augmenter et les services publics se dégrader.
Dans ce contexte, attirer des forces vives n’est pas seulement souhaitable; c’est une condition essentielle pour préserver le dynamisme et la pérennité de l’économie.
C’est pourquoi les pays européens rivalisent pour attirer les cerveaux les plus brillants – chercheurs en intelligence artificielle, ingénieurs, entrepreneurs et scientifiques – à l’aide de diverses mesures d’incitation, comme une fiscalité réduite, un cadre juridique solide ou l’obtention facilitée du statut de résident, voire la naturalisation. Grâce à ces efforts, la population européenne des grandes fortunes a augmenté de 4% depuis 2023.
Le virage du Portugal en faveur de l’emploi
En Europe, c’est le Portugal qui a le mieux réussi à attirer les travailleurs. Plusieurs dizaines de milliers de nouveaux résidents sont ainsi venus Quality of life (e.g. education, healthcare) 36.9% s’y installer pour profiter d’un cadre de vie agréable et sûr, ainsi que d’une fiscalité avantageuse. Cette affluence 36.9% a toutefois engendré des tensions: Quality of life (e.g. education, healthcare) la flambée des prix immobiliers à Lisbonne et Porto divise l’opinion publique et la délivrance de visas en échange d’investissements immobiliers est un sujet sensible, qui amène à s’interroger sur les véritables bénéficiaires de ces régimes de mobilité. Le problème se pose aussi en Suisse, où l’immigration est à l’origine d’une votation sur le plafonnement de la population à 10 millions d’habitants.
En ce qui les concerne, les électeurs portugais ont déjà voté en faveur du changement. Désormais, l’ambition du Portugal est moins de proposer une qualité de vie globale que d’attirer spécifiquement des chercheurs, des acteurs de l’innovation, des entrepreneurs et des travailleurs qualifiés – autant de professionnels pouvant contribuer à stimuler la productivité et l’emploi, tout en s’intégrant pleinement dans l’économie réelle. En parallèle, le pays a supprimé le critère d’investissement immobilier de son programme de visas dorés («golden visa»), et mise désormais plutôt sur la quête des talents, une stratégie politiquement plus acceptable.
Ce n’est pas que les retraités et les investisseurs passifs ne soient plus les bienvenus, mais pour être viable sur les plans politique et économique, la mobilité doit désormais contribuer à dynamiser l’entrepreneuriat et le marché du travail.
Source: Henley & Partners, Wealth Migration Report, 2025 Provisional Wealth Flows
L’union européenne souhaite une immigration économiquement viable
La réglementation des Vingt-Sept est explicite: l’accès aux droits et libertés associés à la citoyenneté européenne n’est pas monnayable. Bruxelles ne veut pas de programmes d’immigration dictés par l’investissement, dénués de retombées pour l’économie, mais se montre moins réticente face aux mécanismes visant à soutenir l’emploi, la recherche et l’activité. Pour les Etats, en tenir compte est une nécessité autant politique que géopolitique.
L’Espagne est un autre exemple de pays qui, en réponse à des craintes liées à la spéculation immobilière et à l’impact plus large de l’investissement passif, a mis fin aux visas dorés. L’Italie a quant à elle modernisé le régime des impatriés afin que ceux-ci ne bénéficient d’incitations que s’ils participent vraiment à l’économie locale, et les Pays-Bas ont ajusté leur dispositif de manière à mieux concilier attractivité et enjeux nationaux.
L’avenir appartient aux esprits novateurs
Cette nouvelle approche de la mobilité internationale est sans ambiguïté: il s’agit désormais d’attirer des professionnels compétents qui contribuent directement à la création d’emplois et à l’innovation, qui s’intègrent pleinement et qui ont donc un impact positif sur l’économie.
Pour les très fortunés, ces nouveaux critères seront plus difficiles à satisfaire. L’évaluation des candidats à l’immigration est renforcée et ils doivent impérativement démontrer leur contribution réelle à l’économie. Désormais, la stabilité des règles, les parcours d’intégration et la crédibilité des régimes d’incitation qu’un pays peut offrir sont devenus aussi importants que les avantages fiscaux. Ainsi les familles doivent se préparer aussi bien à tisser des liens étroits dans leur pays d’accueil qu’à apporter leur contribution financière, leur expertise et leur leadership.
Conclusion
Dans un monde où l’incertitude est la seule constante, la possibilité de changer de pays de résidence – et à le faire de façon stratégique – peut conférer un avantage décisif. Pour les personnes très fortunées, un déménagement doit être soigneusement planifié et reposer sur la volonté de s’insérer dans la vie locale.
Plus que jamais, il est indispensable de solliciter l’aide de partenaires de confiance. En anticipant les écueils et en adoptant une approche globale, les familles très fortunées peuvent non seulement sécuriser leurs actifs, mais également assurer la pérennité de leurs valeurs et rester sereines dans un monde en constante évolution.