La performance des actions et obligations en Suisse (1926-2011)
| 19 janvier 2012 |
Une analyse empirique |
Commentaire 2011: On a déjà connu pire…
![]() L’an passé, les révoltes arabes au Proche-Orient et en Afrique du Nord n’ont pas été les seules à faire souffler un vent de changement. La tragédie nucléaire au Japon a ainsi entraîné une remise à plat de la politique énergétique dans toute l’Europe. L’Allemagne quant à elle met actuellement en œuvre la sortie du nucléaire et dans presque tous les pays européens, Suisse incluse, les centrales sont soumises à des tests de résistance. Dans le même temps, la crise de la dette en Europe s’est aggravée et aucune solution n’est en vue pour le moment.
Par ailleurs, les Etats-Unis ont vu leur note de crédit dégradée durant l’été tandis qu’en Europe, plusieurs Etats devaient également faire face à une détérioration de leur solvabilité. Dans ce contexte, avec l’or, le franc suisse a été l’une des valeurs refuges les plus recherchées par les investisseurs internationaux, ce qui a conduit la Banque nationale suisse à prendre la décision que l’on connaît tous.
Rien d’étonnant dès lors à ce que 2011 ait été, pour de nombreux investisseurs, l’une des pires années (c’est du moins ainsi qu’ils l’ont ressentie): le marché boursier suisse a d’ailleurs accusé un repli de 7,7%. Ramenée au taux d’inflation négatif, la perte réelle se chiffre encore à 7,1%. En revanche, la baisse significative des taux d’intérêt a permis aux obligations helvétiques d’engranger un gain de 7,1% (en termes réels 7,8%). Les investisseurs dotés d’un portefeuille mixte surpondéré en obligations ont donc pu clôturer l’année sur un léger bénéfice.
Comme le démontre l’étude sur la performance des actions et obligations en Suisse réalisée par la banque privée genevoise Pictet & Cie , 2011 est toutefois loin d'être la pire année de la dernière décennie: en 2002, le marché boursier helvétique dévissait de 26% tandis que 2008 était, en termes de performance des actions suisses, la pire des 86 années analysées par Pictet.
Au cours des dix dernières années, les actions ont certes dégagé une performance positive moyenne de 2% par an, mais durant la même période, les obligations ont affiché une performance moyenne de 4,3% par an, avec des fluctuations de revenus nettement moindres: la volatilité mesurée en écart type du marché actions a été sept fois plus élevée que celle du marché obligataire (22,3% contre 3,4%).
La nouvelle année sera quant à elle grandement déterminée par les réponses politiques à la situation d’endettement de l’Europe et des Etats-Unis. En 2012, les marchés seront donc soumis à d’importantes fluctuations, tandis que la corrélation entre les principales catégories d’actifs devrait se maintenir à un niveau relativement élevé. Pour les investisseurs et leurs conseillers en placement, tout l’enjeu consistera donc à sécuriser le capital investi d’une part, et à dégager des revenus réguliers d’autre part. Mais en fonction des investisseurs, les horizons de placement appliqués à ces deux objectifs diffèrent.
Il est donc plus que jamais nécessaire de mener une analyse approfondie du profil de risque de l’investisseur puis, sur cette base, de différencier stratégie de placement à long terme, stratégie de placement à moyen terme et mesures tactiques à court terme. Dans le contexte de marché actuel, la poursuite dogmatique d'une stratégie de placement définie précédemment n’est en effet pas plus efficace que le rééquilibrage d’importantes positions sous l’effet de l’incertitude ou de la panique. |
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L'analyse originale est actualisée chaque année
Analyse empirique (PDF) |
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