L'ISR est-il la solution miracle pour survivre à la prochaine crise?
| 30 avril 2011 |
Des pratiques commerciales irresponsables comme l'octroi de crédits à des personnes n'étant a priori pas en mesure de les rembourser, des prises de risques excessives motivées par des programmes d'incitation dysfonctionnels et une gouvernance d'entreprise défaillante sont autant de causes à l'origine de la crise financière.
Toutes comptent parmi les sources de préoccupations traditionnelles de l'investissement socialement responsable (ISR). Or, paradoxalement, même si la crise est venue légitimer de nombreux principes prônés par l'ISR, la performance des fonds socialement responsables n'a pas été significativement différente de celle du marché durant la récente crise financière. |
L'étude
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Une étude réalisée en avril 2011 par Christoph Butz et Laurent Nguyen (1), spécialistes du développement durable auprès de Pictet Asset Management, examine ce paradoxe.
Elle conclut qu'un processus de sélection prenant en compte des objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) constitue une condition nécessaire mais généralement non suffisante pour construire des portefeuilles plus stables et performants, particulièrement en temps de crise.
Ces deux experts préconisent en effet une analyse plus approfondie des fondamentaux financiers des sociétés, et notamment de ceux susceptibles d'entraîner des perturbations, et donc de mettre en péril la stabilité du système économique en cas de crise. Ce faisant, les auteurs ne se limitent pas à étendre la portée de l'analyse ESG traditionnelle à un groupe de facteurs particulièrement déstabilisants, négligés par les approches d'investissement durable actuelles. En identifiant et en testant les «facteurs de durabilité financière» qui ont été associés à des performances anormales dans la littérature financière, ils construisent des portefeuilles non seulement moins risqués, mais comportant également la promesse d'une performance financière attractive.
Les auteurs mettent leur idée à l'épreuve en construisant des portefeuilles durables pour les principaux marchés actions régionaux et en simulant leur performance historique sur les dix dernières années, soit une période marquée par des environnements de marché différents, parfois extrêmes. Leurs conclusions sont intéressantes. Elles suggèrent qu'en suivant leur approche novatrice, il est possible de construire des portefeuilles durables moins risqués dans une perspective environnementale, sociale, de gouvernance et financière, mais offrant la promesse de rendements ajustés des risques supérieurs.
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(1) Comment survivre à la prochaine crise? Une nouvelle approche de l'investissement socialement responsable (ISR). Pictet Asset Management 2011. |

