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Table des matières

  • Préface
  • Sommaire
  • Introduction
  • La performance financière: une vision réductrice de l'ISR…
  • Vers un concept multidimensionnel
  • La performance extra-financière: rendement environnemental et rendement social
  • Discussion et conclusion

Le paradoxe de la performance ISR

31 mai 2008
Quel impact concret l'investissement durable peut-il avoir?
Actuellement, les investissements durables ne sont évalués qu'en fonction de leur performance financière, ce qui est paradoxal… Et telle est la problématique exposée par Christoph Butz et Olivier Pictet dans "Le paradoxe de la performance ISR ou comment évaluer et mesurer la performance extra-financière de l'investissement socialement responsable", la nouvelle étude sur le sujet publiée par la banque privée genevoise Pictet & Cie.
 
  

Le rendement financier des investissements socialement responsables (ISR) ne saurait en effet constituer la condition suffisante à leur réussite, l'utilité de ces stratégies allant bien au-delà et atteignant clairement une dimension environnementale et sociale. D'où la nécessité de mesurer cette performance extra-financière de manière fiable et de la présenter de manière transparente. Les investisseurs ISR pourront dès lors plus facilement établir si la stratégie choisie a effectivement atteint les objectifs d'investissement fixés.

L'étude publiée par Pictet & Cie met ainsi l'accent "sur un thème extrêmement important, négligé depuis beaucoup trop longtemps: le reporting de la performance extra-financière", comme le souligne Philippe Spicher, CEO de SiRi Company, l'un des principaux réseaux de recherche spécialisés dans l'analyse de la durabilité.

A travers cette étude les auteurs mettent en évidence les performances environnementale et sociale concrètes d'un portefeuille durablement optimisé par rapport à celles d'un indice de référence élargi. L'optimisation environnementale durable des investissements permet d'obtenir une performance extra-financière importante. Selon les estimations de Christoph Butz et Olivier Pictet, un investisseur suivant un indice de référence mondial diversifié aurait en 2007 "financé" 892 tonnes d'émissions de gaz carbonique (CO2) par million de dollars (hors doubles imputations), alors que le client qui aurait placé ce même million dans un portefeuille optimisé en termes de durabilité n'aurait été responsable que de l'émission de 528 tonnes de CO2, avec au final une réduction des émissions d'environs 40% par rapport à l'indice de référence! Et il est important de souligner que ce réjouissant rendement environnemental a été réalisé non pas par le biais de paris risqués sur un petit nombre de secteurs ou entreprises écologiques, mais uniquement grâce à une sélection judicieuse des titres dans le cadre d'un portefeuille largement diversifié.

Autre élément d'importance, d'après leurs estimations, en 2007, le MSCI World a par exemple affiché un rendement social (soit le nombre d'emplois créés par rapport à 2006) de +2.70%, alors que le portefeuille durablement optimisé aurait réalisé un rendement de +4.17%. La surperformance sociale du portefeuille durable aurait donc été de +1.46% en 2007.

Ces quelques exemples témoignent du fait que des outils de mesure et de reporting transparents sur la performance extra-financière pourraient constituer une aide précieuse pour les investisseurs institutionnels, notamment les caisses de pension, qui pourront ainsi mieux résister à la pression grandissante des rendements à court terme. Ils seront en effet en mesure de démontrer clairement qu'en adoptant une stratégie de placement durable, ils assument leurs obligations fiduciaires et qu'ils agissent dans l'intérêt de la société – et donc de leurs bénéficiaires...